dimanche 22 mars 2015

Le Warrior

Dimanche matin la communauté de la Paroisse du Saint Père Damien se réunit dans la chapelle de Notre Dame des Sept Douleurs pour la celebration dominicale. L'assemblée d'environ cinquante personnes acceuille les visiteurs en leur demandant de se lever debout et de decliner nom et lieu de provenance.  Nous nous executons sans gene avec trois a quatre autres personnes provenant pour la majorité des iles environnantes. La célébration est simple.  C'est dans cette simplicité et dans cette acceuille d'ouverture que l'on comprend toute la ferveur que les gens de Molokai porte au Pere Damien.  Le pere Damien, d'origine belge, est venu a Molokai pour s' occuper du camp lepreux en l'année 1873. Il devait oeuvrer ici pour quelques mois comme ses confrères qui se relevaient régulièrement de cette mission.  Face a la misere et a la désorganisation qui regnait a cette epoque et a l'abandon "de ces indésirables misereux qu'étaient les lepreux" il decida de demeurer ici.  Il s' engagea, tel un combatant, a améliorer les conditions de vie des habitants malgré l'opposition de ceux qui dominaient dans l'anarchie régnante. Il reorganisa la vie civile et religieuse de la communauté de Kalaupapa,  ce site isolé de mise en quarantaine pour les personnes atteintes de la maladie de Hansen, la lèpre.   Il fit construire trois chapelle dont celle où nous trouvons aujourd'hui.  Apres 16 ans sur l'ile il y mourut apres un autre dure combat contre la lepre.   Le Pere Damien fut canonisé récemment, par Benoit XVI.  Demain nous visiterons le camp de quarantaine de Kalaupapa mais pour l'immediat le contact avec les gens de la communauté Catholique est agreable. 

De retour au condo nous profitons d'un delicieux petit dejeuner, crepes avec pommes caramélisées et mangue fraiche avant d'entreprendre une excursion vers la pointe a l'extrême Est de l'ile.  La route sinueuse qui y conduit est spectaculaire.  A flanc de cap, longeant la rive irrégulière de la mer, les différents points de vue qui s' offrent a nous sont imprenables.   Au detour d'un cap , lå oů la route passe entre deux rochers,  une dizaine de jeunes filles se jetent a la mer du haut d'un piton volcanique en prenant elle meme un selfie de leur exploit a l'aide d'une perche extensible qui tient leur iphone a distance de prise de vue.
La vallée d'Halawa est verdoyante. L'extrémité de la route se termine sur une baie qui s' ouvre sur d'immenses vagues venant du large ou d'habiles surfeurs chevauchent la mer, debout sur leur planche.
Nous lunchons sur la plage en observant la mer et sa beauté.
Rencontre inattendue de Pilipo Solatorio, un homme de 76 ans, gardien et propogateur de l'histoire et des traditions de l'ile.  Nous lui donnons rendez-vous ici même pour mercredi afin qu'il nous partage l'histoire de l'ile et nous guide a travers la foret tropicale jusqu'à la chute de Hipuapua haute de 500 pieds.  Je reparlerai de cette chute apres notre randonnée.   Mais selon ce que j'ai lu et vu sur Internet, le lieu est spectaculaire.   Le premier contact avec ce quasi sorcier vêtu du costume traditionnelle ressemblant a un guerrier est des plus positive et augure bien pour la suite des choses.

Nous faisons lentement le chemin du retour profitant des points de vue magnifiques pour faire des haltes photos.  Au detour d'une baie qui abrite le mouillage de quelques embarcations de pêcheurs nous nous arretons pour demander a une personne si elle peut nous referer a quelqu'un qui offre des excursions pour l'observation des baleines.  Alors qu'elle me refere a un capitaine du coin elle me fait remarquer une embarcation qui entre dans la baie.  Son propriétaire est un neveu du capitaine en question et accompagne occasionnellement celui-ci en mer, peut-etre sera-t-il mieux en mesure de m'informer, voire d'organiser notre sortie en mer pour les prochains jours.  Je l'attend.  Il amarre son bateau a une bouée a une cinquantaine de pieds de la rive en même temps que notre bon samaritain l'informe de notre demande.
C'est en gesticulant et en vociferant, "It's our land" et "we don't want that kind of tourist" qu'il sort rapidement de l'eau et se dirige d'un pas menacant vers moi.  En voyant Marc la camera a la main il redirige son agressivité vers lui en hurlant "As-tu pris des photos de moi, de ma famille, tu n'as pas le droit".  Marc lui montre l'ecran de sa camera, aucune photo de lui ni du lieu ou nous venons d'arriver n'a encore ete prise.  Voyant qu'il ne peut pas utiliser ce pretexte pour créer un affrontement il nous questionne sur les motifs de notre présence ici.  Dans la carrure physique puissante de l'homme qui nous apostrophe,  dans l'attitude et le discour guerrier qu'il entretient je crois pour un instant reconnaître Lasagne.
Notre calme et notre flegme le desarconne un peu.  Avons nous le choix de rester calme? 
Puis il reconnait notre auto de location.  C'est avec une compagnie locale que nous avons fait affaire et non avec la multinationale, Alamo.  Je connais la propriétaire de cette compagnie dit-il mais il ne réussit pas a se souvenir de son nom.  Amanda lui dis-je.  Oui c'est ca répond-t-il en baissant son agressivité d'un autre cran.  Puis il comprend à notre accent que nous ne sommes pas Americains.  Pauline se joint a nous en lui expliquant nos origines quebecoises.  Nous partageons avec lui notre combat pour la preservation de notre culture distincte.
Nous ne sommes plus des vilains touristes.  Il s' excuse de s' etre emporté.   Il se presente, Palmer, et nous tends la main.  Nous nous presentons a notre tour.  L'atmosphere tantôt électrique est maintenant paisible.  C'est un peu penaud qu'il nous quitte, conscient sans aucun doute d'avoir ete un peu trop prompt.
Je n'oserais pas dire que je me suis fait un nouvel ami aujourd'hui quoique si j'ai a affronter une autre situation tendue lors de notre sejour sur l'ile de Molokai je n'hesiterai pas a proclamer "Palmer is my friend".  Je suis convaincu que plusieurs tremblent lorsque son nom est prononcé ici.  Pour l'excursion en mer nous croyons qu'il est mieux de ne pas insister pour aller avec lui, le risque de finir l'expedition en mer et de devenir une composante de la chaine alimentaire me semblerait trop grand.  Nous nous tournerons vers les fournisseurs de service des grandes multinationale,  la garantie de retour risque d'etre meilleure.

Comme a chaque fois ou nous cuisinons nous meme la journée se termine par un bon repas.

Demain grosse journée,  randonnée sur le sentier de la falaise qui mène à Kalaupapa.

1 commentaire:

  1. Notre-Dame des Sept Douleurs à Hawaï est tout de même un peu plus pittoresque et bucolique que Notre-Dame des Sept Douleurs à l'Île Verte dans le Bas du Fleuve. Quant à la rencontre avec Lasagne, à mon avis, il porterait plus un surnom local du genre: Ananas. A prononcer en anglais: ''Ananus''. D'après moi, il ne sait pas que Molokai signifie: Île sympathique. Bon continuité !

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